La FNDIRP nait de l’enfer des camps

Elle va s’appuyer sur le réseau des associations locales et départementales qui vont se créer dès le retour des déportés lors d’une conférence nationale d’Avril 1945 dénommée Fédération des Centres d’Entraide des Internés et Déportés Politiques – FNCEAIDP
Les 12, 13 et 14 Décembre 1946, le 2ème Congrès National va confirmer le rassemblement, le développement et l’unité de la FNDIRP.
Notre Congrès fondateur fut celui de la FNDIP [ Fédération Nationale des Déportés et Internés Politiques ] et va se dérouler les 6, 7, et 8 Octobre 1945 à Paris.
Sa dénomination va changer dès Janvier 1946 pour intégrer et élargir les résistances patriotiques les associant aux déportations et aux internements: La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes est née – FNDIRP.

Du refus de la déshumanisation au respect des déportés, internés et résistants !

Fort de leur expérience de la Solidarité pour faire face à la déshumanisation Frédéric-Henri Manhès, Marcel Paul et les principaux dirigeant de la FNDIRP vont s’employer à fédérer les associations de déportés en s’appuyant sur la Fédération des centres d’entraide. L’expérience des camps est donc essentielle à plusieurs titres pour comprendre aussi bien la naissance que l’histoire ultérieure de la FNDIRP, puisque c’est dans ceux-ci que se mirent déjà en pratique la défense des déportés, la solidarité active dans un contexte paradoxal où la question de la survie était primordiale, sans que sois gommé la diversité des engagements politiques et des parcours sociaux.

Poursuivre les criminels et obtenir des droits à réparation

Rester fidèles aux serments sur les places d’appels, de poursuivre jusqu’aux derniers, les bourreaux, les criminels nazis et responsables de l’exécution et de la mise à mort de dizaines de millions de personnes quelques soient leurs âges. La FNDIRP s’est constituée partie civile dans les procès intentés pour crimes contre l’humanité ou contre les tentatives négationnistes, pour les droits à réparation sans discrimination pour les victimes, pour les conjoints et les orphelins.
Nous avons participé à faire reconnaitre par la Nation, y compris à titre posthume, l’engagement dans la résistance de tous les déportés et donc la prise en charge de nombreuses familles et orphelins avec leur droit à pension.
VIDEO INTERVENTION de Marie-Claude Vaillant-Couturier au procès de Nuremberg.
Poursuivre la transmission aux nouvelles générations !
Alors que nos derniers témoins nous quittent il nous faut poursuivre leurs combats pour leur et notre « PLUS JAMAIS ÇA ». Dans ce travail de passeurs de mémoires il est essentiel de nous emparer des nombreux témoignages et ouvrages qu’ils nous laissent pour les porter en réflexion sur aujourd’hui et pour porter les valeurs universelles .

Sans prétendre avoir vécu leurs indicibles et brutales enfermements en camps de concentration et en prisons, il est de notre droit, à partir de cette mémoire transmise et des travaux d’historiens d’exposer ou de mettre en valeur leurs vécus d’avant-guerre, les raisons et les conditions de leurs engagements dans la Résistance ou de leurs persécutions et face à la déshumanisation et après la Libération.
Nous voulons jouer notre rôle de militant de la mémoire vers les professeurs d’histoires, les collégiens et lycéens, vers les institutions du local au national, vers les lieux culturels, vers les nouvelles générations…. Toutes Les commémorations n’en seront que plus fortes si nous y associons notre jeunesse…
Agir pour la transmission des valeurs humanistes et de Paix, contre toutes formes de racisme, d’antisémitisme, d’homophobie, d’expressions xénophobes, fascistes et nazies, pour consolider la solidarité Internationale et la compréhension mutuelle entre les peuples.


Agir pour la transmission des valeurs de la République, des idéaux du Conseil National de la Résistance, de son programme du 15 Mars 1944 et des serments des déportés . Celles que portèrent unies grâce au travail de Jean Moulin, les réseaux de résistances et nos déportés et internés au retour de l’enfermement pour construire une France des « Jours Heureux » dénomination du programme du CNR. [Source IIème congrès national de la FNDIRP 1946 et livre biographique de la FNDIRP : Les Combats de la Mémoire ]
La FNDIRP a construit et développé pendant 40 ans un ensemble d’actions sanitaires, sociales et solidaires en faveur des déportés
D’abord, dès la libération des camps, La FNDIRP va s’organiser pour venir en aide à celles et ceux, survivants ou libérés de leur enfermement, affectés par de nombreuses pathologies qui auront besoin de soins urgents et d’un suivi médical pour retrouver une vie normale.
En Novembre 1948, pour aider ces personnes, le Conseil d’administration de la FNDIRP décide d’ouvrir un lieu de postcure et de réadaptation professionnelle dénommé Centre Jean Moulin Ce sera au château de Fleury-Mérogis [Donation de la propriétaire à la FNDIRP] . Sur proposition de Marcel Paul et de Frédéric Henri Manhès un Centre Hospitalier en 1965 et une Maison de retraite en 1985 seront construits et prendront les noms de l’un et l’autre.
Ils solliciteront le Docteur Louis Marie François Fichez , lui-même résistant et déporté à Mauthausen, pour réfléchir et construire les soins aux survivants et définir scientifiquement les pathologies des déportés … …Le Docteur Fichez participera à la rédaction du guide-barème reconnaissant une pathologie spécifique de la déportation (décret du 16 mai 1953) qui a permis à tant de victimes du nazisme de survivre. Il sera avec l’équipe médicale de la FNDIRP celui qui va donner les études et recherches médicales qui permettront de faire reconnaître les droits des déportés et de leurs familles… … Il fera au 10 Rue Leroux à Paris, siège de la FNDIRP et du Centre Alice Grosperrin un lieu d’accueil et de soins spécifiques aux déportés…




