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Par Com FNDIRP
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Lundi 11 novembre 1918, 11 heures : dans toute la France, les cloches sonnent à la volée. Au front, les clairons sonnent « Le cessez-le-feu ». « La Marseillaise » jaillit à pleins poumons des tranchées. Pour la première fois depuis quatre ans, Français et Allemands peuvent se regarder sans s’entretuer. Un armistice a été conclu le matin entre les Alliés et l’Allemagne. Il laisse derrière lui neuf à dix millions de morts et six millions de mutilés. Les survivants ont perdu la foi, mais ils veulent croire que cette guerre qui s’achève restera la dernière de l’Histoire.
L’armistice est signé dans le wagon spécial du général Foch, au carrefour de Rethondes, au milieu de la forêt de Compiègne, le 11 novembre à 5 h 15 du matin. Les Allemands se voient soumettre des conditions sans aucune marge de négociation. L’armistice est conclu pour 36 jours mais sera régulièrement renouvelé jusqu’au traité de paix du 28 juin 1919.
L’armistice a été ressenti par les contemporains comme un immense espoir. On a cru que la guerre à laquelle elle mettait fin serait la dernière, « la Der des Der ». Les Européens ont joué les prolongations en se laissant entraîner vingt ans plus tard dans un nouveau conflit, dans la continuité du précédent.
Mais c’est aussi un 11 novembre, en 1920, que l’Arc de Triomphe abrite la tombe du Soldat inconnu, et encore un 11 novembre, en 1923, que « la Flamme » est allumée pour la première fois par André Maginot, alors ministre de la Guerre. Elle ne s’est jamais éteinte depuis. Elle est ravivée tous les soirs.
Commémorer tous les morts pour la France n’est pas un problème, mais tous les conflits n’ont pas la même signification.
À l’automne 1940, la France s’installe dans la Collaboration avec l’occupant allemand. Le 24 octobre, Pétain rencontre Hitler à Montoire. Mais la fronde gronde dans les l’Universités. À l’approche de la commémoration de l’Armistice de 1918, le 11 Novembre 1940, des étudiants et des lycéens parisiens envisagent de manifester devant la flamme du Soldat inconnu, sur les Champs-Élysées. La manifestation est interdite, mais le jour venu, des jeunes gens venus du Quartier latin et des grands lycées parisiens commencent à converger vers les Champs-Élysées. Certains déposent une gerbe en forme de croix de Lorraine sous l’Arc de Triomphe. Ils huent Pétain, Laval et Hitler devant les soldats allemands médusés installés aux terrasses des cafés. La police intervient pour les disperser et procède à quelques arrestations. À dix-huit heures, des troupes de la Wehrmacht déboulent sur l’avenue et tirent à l’aveugle. La foule se disperse sans que l’on ne compte aucun mort. Il s’agit de la première expression publique de la Résistance.
Aujourd’hui, malgré l’ajournement en 2008 du « rapport André Kaspi » qui insinuait qu’il y avait trop de commémorations publiques et nationales et qu’il ne fallait garder que trois dates (8 Mai, 14 Juillet et 11 Novembre), notre gouvernement actuel n’est pas entièrement revenu sur cette décision, et le 11 novembre nous commémorons l’Armistice de 1918, mais aussi l’hommage rendu à tous les « Morts pour la France ».
Commémorer tous les morts pour la France n’est pas un problème, mais tous les conflits n’ont pas la même signification. André Malraux disait : « La plus belle des sépultures des morts, c’est la mémoire des vivants. » Faisons nôtres ces paroles à l’heure où tant de dangers secouent le monde. Nous devons rester très vigilants pour que nos enfants et petits-enfants puissent vivre en paix.
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