Catégories : Actualités, Memoire

by Lionel Camelin

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Par Lionel Camelin

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Ce mardi 23 juin, il entrera symboliquement, via un cénotaphe, avec sa femme Simone Vidal, dans le caveau 13 du Panthéon. Marc Bloch sera donc entouré de frères et de sœurs d’armes : des résistants et des poilus. Car l’historien était un vétéran de 14-18.

Un philosophe qui a révolutionné le travail d’historien et notre façon d’appréhender les événements et les sociétés. Marc Bloch était on ne peut plus hostile à toute falsification de l’histoire.

Engagé politiquement, il signera en 1934, le manifeste des intellectuels du Comité d’action antifasciste et de vigilance au moment où l’extrême droite tenta un coup d’état contre la République !

Un patriote sincère, universaliste et antifasciste, écœuré par l’occupation nazie et de l’attitude des dirigeants français des années de l’après Front Populaire il démontra dans son livre référence : « L’Etrange défaite » le plus atroce effondrement de notre histoire. Selon l’historien Johann Chapoutot « Marc Bloch est à ma connaissance le premier à montrer avec une telle netteté la nature de la défaite : elle est d’abord la faillite intellectuelle et morale de ce que l’on appelle les élites. Il démontre, en historien social éclairé par ses lectures de sociologie, qu’il ne s’agit pas de l’effondrement d’un pays dans sa masse. Le pays s’est effondré dans sa pointe avancée : celle qui était censée le diriger ».

En 1943, à 56 ans, il bascule dans la clandestinité de la Résistance. Arrêté par la Gestapo en mars 1944, Marc Bloch endure la torture sans trahir ses camarades de combat. Il meurt exécuté le 16 juin 1944, près de Lyon.

« Car il n’est pas de salut sans une part de sacrifice ; ni de liberté nationale qui puisse être pleine, si on n’a travaillé à la conquérir soi-même », écrivait il, prophétique, en 1940. Il est une référence pour penser l’avenir face aux résurgences nationalistes et fascistes …

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