by FNDIRP
Share
Par FNDIRP
Partagez

Il y a 10 ans Georges Séguy nous quittait…Un Hommage lui a été rendu à Vieilles-Maisons-sur-Joudry où depuis 1982 il s’était retiré… en présence d’Alain Rivet , Président de la FNDIRP, de Bernard Thibaut ancien secrétaire Général de la CGT, de Gilbert Garrel, Président de l’IHS CGT et de divers élus PCF du Loiret… Georges Séguy, jeune résistant qui après son arrestation par la collaboration pétainiste sera déporté au camp de Mauthausen… Au delà de ces responsabilités syndicales et politiques Georges Séguy participera activement à l’expression et aux engagements solidaire et pour la Paix de la FNDIRP et sera membre de son comité d’honneur…
Vous trouverez ci-après un extrait de l’intervention d’Alain Rivet :
Résistant à 15 ans, déporté à 17 ans, Georges Séguy a connu la clandestinité puis la barbarie nazie. Saboteur de voies ferrées et imprimeur de journaux interdits et de faux-papiers, il est déporté le 22 mars 1944 à Mauthausen sous le matricule 60 581. Une expérience qui guidera toute sa vie d’engagement.
Parti du Front stalag 122 de Compiègne-Royallieu le 22 mars 1944 et arrivé au camp de concentration de Mauthausen trois jours plus tard, il ne dérogera pas au souvenir terrible du train décrit par tous les déportés, wagons à bestiaux bondés, sans boire, sans manger, sans voir la lumière du jour, voyage interminable. Ce convoi restera pour lui « parmi les souffrances physiques et morales les plus dramatiques endurées en déportation » et « l’un des moments les plus éprouvants de sa vie ».
Les premiers instants au camp sont dans une parfaite continuité : dépouillé de tous ses effets personnels, dénudé, rasé, désinfecté, il n’est plus Georges Séguy mais seulement le matricule 60 581, un être sans identité, un « morceau » au sein d’une masse d’esclaves, déjà passé par la machine de déshumanisation.
Pendant son court séjour au block de quarantaine, les coups des gardiens laissent des traces que sa colonne vertébrale n’oubliera plus.
Après la quarantaine, il travaille à la carrière puis, après un passage au Revier (l’infirmerie du camp) où des médecins et infirmiers eux-mêmes déportés, le sauvent d’une pleurésie, il est affecté à un atelier d’assemblage de pièces de carlingues de Messerschmitt dans lequel il n’hésite pas, malgré tous les risques encourus, à pratiquer le sabotage pour fragiliser le matériel nazi.
Malgré son jeune âge, il est intégré dans l’organisation de résistance interne clandestine et y participe à la solidarité internationale. Il se lie d’amitié avec Jean Monin, déporté du même âge et, de manière encore plus indéfectible, avec le jésuite Michel Riquet à l’occasion d’un simple partage de pain, geste essentiel de solidarité dans le camp.
Pour essayer de faire aussi court qu’il m’a été demandé, Georges Séguy est libéré le 28 avril 1945 par la Croix-Rouge, évacué via la Suisse et Annemasse et retrouve Toulouse le 5 mai 1945. Il pèse alors 38 kilos et lutte pour reprendre pied dans une vie normale que je laisse à d’autres le soin de développer.
Néanmoins, il place cet épisode de sa vie en déportation comme le moment fondateur de toute son existence et l’exprime de la manière suivante :
Je le cite : « J’ai tout de suite pensé que dans la mesure où j’avais eu la chance inespérée de figurer parmi les rescapés, de revenir vivant de la déportation, ma vie en quelque sorte ne m’appartenait plus ; elle appartenait à la cause pour laquelle nous avions combattu et pour laquelle tant des nôtres étaient morts. »
Ces propos sont à rapprocher du Serment de Mauthausen, prononcé par Emile Valley pour la version française, le 16 mai 1945 en place d’appel du camp devant tous les déportés encore présents.
Je cite : « Le séjour de longues années dans les camps nous a convaincus de la valeur de la fraternité humaine. Fidèles à cet idéal, nous faisons le serment solidaire et d’un commun accord, de continuer la lutte contre l’impérialisme et les excitations nationalistes. »
Je cite encore : « Nous voulons, après avoir obtenu notre liberté et celle de notre nation, garder le souvenir de la solidarité internationale du camp et en tirer la leçon suivante : Nous suivons un chemin commun, le chemin de la compréhension réciproque, le chemin de la collaboration à la grande œuvre de l’édification d’un monde nouveau, libre et juste pour tous. »
Comme celle de tous ses camarades revenus des camps nazis, la parole de Georges Séguy, celle qu’il délivrait dans ses témoignages, nous manque terriblement aujourd’hui dans un monde dont la boussole s’est dramatiquement déréglée et dont les évolutions récentes, telles que les dernières élections en Allemagne, nous laissent atterrés.
Pour la FNDIRP, notre présence ici aujourd’hui n’est pas seulement pour lui rendre hommage mais aussi pour confirmer notre détermination à suivre la voie qu’il nous a tracée et, malgré les déceptions et les consternations, à démontrer et transmettre que les valeurs issues de la Résistance et de la Déportation que sont la paix, l’antifascisme, l’antiracisme, la solidarité, la tolérance, la fraternité, le respect des peuples et de la dignité humaine sont et demeurent le seul avenir possible de l’humanité.

INTERVENTION COMPLETE D’ALAIN RIVET , Président de la FNDIRP ici
Interview de Bernard Thibaut ici
À l’occasion de la Journée nationale de la Résistance, nous rendons hommage à toutes celles et ceux qui, dans les heures les plus sombres de notre histoire, ont refusé la barbarie, l’occupation et la haine. Résistantes et résistants ont choisi le courage, l’engagement et la solidarité pour défendre la République, la démocratie et la dignité […]
Nous contribuons à l’écriture du Dictionnaire des Victimes normandes du Nazisme sous l’autorité d’Arnaud Boulligny, de Madame Françoise Passera de l’Université de Caen et avec la collaboration de Madame Marie-Christine Hubert responsable du fonds d’archives départementales sur la Deuxième Guerre Mondiale. À ce jour, les recherches ont permis d’identifier 5 454 victimes dont 4 209 […]
À partir du XVIIème siècle, l’armement de bateaux destinés au transport des esclaves était concentré au Havre, à Nantes, la Rochelle et Bordeaux. L’esclavage, aboli une première fois en 1794, a été rétabli par Napoléon et aboli définitivement en 1848. Le 10 mai 2001, le Sénat adoptait la loi proposée par Christiane Taubira, loi qui […]
« Mai Mai Paris Mai … » Née comme un cri, une chanson à l’accent du midi n’a jamais tant sublimé le Paris qui se met en colère. Née dans le bruit du fracas de mai 68, elle court dans les cœurs sans autre accent que poétique. Et pourtant, elle en dit tant sur ce […]
