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Par Com FNDIRP
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Il y a 80 années de cela le tribunal de Nuremberg (1945-1946) a marqué un tournant majeur dans l’histoire du droit international et a profondément influencé nos sociétés modernes.
Rappelons que dans cette année des résistants et déportés survivants, militants de la FNDIRP parmi eux comme Marie Claude Vaillant-Couturier ou Maurice Lampe, vont témoigner et donner aux juges des preuves sur les crimes de masse décidés et commis par les nazis. Marie Claude Vaillant Couturier va démontrer qu’il n’y avait pas que des camps de concentration mais aussi des camps d’extermination où l’on envoie directement à la chambre à gaz des milliers d’êtres humains ….Les preuves d’un génocide industriel vont s’y révéler…
Après une année de débats, 400 audiences, 300 000 déclarations, 1 600 pages de procès-verbaux, 3 000 tonnes de documents vient le temps des délibérations d’usage. Le premier verdict international tombe : 12 condamnés à la pendaison, 7 à des peines de prison et 3 acquittements.
Après ce verdict , voici les principales avancées et enseignements qui vont ébranler les consciences et qui ont émergé à la suite de ce jugement :
1. La responsabilité individuelle en droit international
Avant Nuremberg, les crimes commis par des États ou des régimes étaient rarement jugés au niveau individuel. Le tribunal a établi que les dirigeants et les individus ne pouvaient se cacher derrière l’obéissance aux ordres pour échapper à leur responsabilité pénale. Cela a ouvert la voie à la notion de responsabilité individuelle pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide.
2. La définition des crimes contre l’humanité
Nuremberg a formalisé la notion de « crimes contre l’humanité« , c’est-à-dire des actes inhumains commis de manière systématique contre des populations civiles, indépendamment du contexte de guerre. Cette catégorie a permis de juger des atrocités subies pendant des déportés de répression (souvent résistant aux agresseurs) et de juger l’assassinat de millions de déportés de persécution en large majorité de confession juive, alors que ceux-ci n’étaient pas directement liées à des opérations militaires.
3. La création d’un droit pénal international
Le tribunal a posé les bases d’un droit pénal international, en montrant qu’il était possible de juger des crimes commis par des États ou des régimes. Cela a inspiré la création de :
- La Cour pénale internationale (CPI) en 2002.
- Les tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) et le Rwanda (TPIR).
4. La condamnation de l’agressivité comme crime
Pour la première fois, l’agressivité (le fait de déclencher une guerre d’agression) a été reconnue comme un crime. Les dirigeants nazis ont été jugés non seulement pour leurs atrocités, mais aussi pour avoir planifié et mené des guerres illégales.
5. L’importance de la preuve et de la procédure judiciaire
Le procès de Nuremberg a introduit des standards élevés en matière de preuve et de procédure équitable, avec :
- Un procès public et transparent.
- Le droit à la défense pour les accusés.
- L’utilisation de documents, témoignages et preuves matérielles pour établir les faits.
6. Un message de dissuasion et de mémoire
Nuremberg a envoyé un message fort : les crimes de masse ne resteront pas impunis. Il a aussi joué un rôle clé dans la mémoire collective des horreurs de la Seconde Guerre mondiale, renforçant la détermination à prévenir de tels crimes à l’avenir.
7. L’influence sur les droits de l’homme
Le procès a contribué à l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), en soulignant la nécessité de protéger les individus contre les abus des États.
Héritage utile aujourd’hui
Nuremberg reste une référence au cœur des conflits qui se produisent encore aujourd’hui, comme entre La Russie et L’Ukraine, entre les Israéliens et les Palestiniens pour :
- La lutte contre l’impunité (ex. : procès contre des dictateurs ou criminels de guerre).
- La protection des civils en temps de conflit.
- La promotion de la justice transitionnelle dans les sociétés post-conflit.
En résumé, Nuremberg a transformé la manière dont le monde aborde la justice internationale, en plaçant l’individu — et non seulement l’État — au cœur de la responsabilité pénale. Son héritage continue de façonner nos sociétés, notamment dans la défense des droits humains et la prévention des crimes de masse.
Après Nuremberg, il y eut le Procès de Tokyo qui débuta le 3 Mai 1946
28 prévenus ont comparu à Tokyo, dont 19 militaires et 9 civils. Figuraient parmi les accusés plusieurs Premiers ministres japonais (Hideki Tojo, Kiichiro Hiranuma, Koki Hirota et Kuniaki Koiso), des ministres de la Guerre, des généraux (dont Kenji Doihara, Akira Muto et Iwane Matsui) ou l’écrivain nationaliste Shumei Okawa.
Le grand absent du procès fut l’empereur Hirohito. Les autorités américaines, à commencer par le général MacArthur, commandant suprême des forces alliées au Japon, ont en effet tout fait pour que l’empereur ne soit ni accusé ni même convoqué comme témoin. En exonérant Hirohito de toute responsabilité pénale, il s’agissait pour Washington de garantir la stabilité du Japon occupé et, par là-même, d’en faire un bastion anticommuniste en Asie.
Ceci alors que le général Tojo avait lui-même, lors du procès de Tokyo, mis en cause la responsabilité de l’empereur dans la déclaration et la conduite de la guerre en affirmant : Personne n’aurait osé aller contre sa volonté, ce qui avait conduit le procureur américain Joseph Keenan à suspendre la séance.
Au terme de 818 séances, de 48 500 pages de procès-verbaux et de l’examen de plus de 4 000 pièces à conviction, le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient rendit son verdict le 12 novembre 1948 : 25 des 28 accusés furent condamnés, dont 7 à la peine de mort : les anciens Premiers ministres Tojo, Hirota, Doihara, Matsui, Muto, le général Heitaro Kimura et l’ancien ministre de la Guerre Seishiro Itagaki. Ils furent pendus le 23 décembre 1948. 18 autres accusés furent condamnés à des peines de prison de 7 ans, 20 ans ou à perpétuité.
À l’instar de celui de Nuremberg, le procès de Tokyo a donc constitué une première expérience de mise en place d’une justice pénale internationale. Néanmoins, la volonté de contrôle total des Américains lors du procès, le caractère arbitraire de certaines inculpations et le non-respect global des droits de la défense contribuèrent largement à ne faire de ce procès qu’un Nuremberg oublié
(Étienne Jaudel).
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