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Missak Manouchian est né le 1er septembre 1906 à Hisn-i Mansur dans une famille de paysans arméniens catholiques. Il perd son père lors du génocide de 1915 et sa mère est emportée peu de temps après par la famine. A 19 ans, il quitte son pays et choisit le pays des droits de l’homme. Il arrive à Marseille en 1925. Il est assassiné le 21 février 1944 avec ses camarades du groupe FTP-MOI au Mont-Valérien pour actes de terrorisme dans la France de Vichy.
Comme tous les immigrés politiques de l’entre-deux guerres, Arméniens, antifascistes Italiens, antinazis d’Europe de l’Est ou républicains espagnols, ils seront toujours reconnaissants envers ce pays qu’ils ont choisi et qui les a accueillis. Avant de rejoindre la France, ils ont lutté avec toute l’énergie du désespoir contre la dictature dans leur pays. Ne maîtrisant pas notre langue, et bien que diversement accueillis, ils se retrousseront les manches et exécuteront des travaux pénibles dans les mines, les usines, le bâtiment ou les travaux forestiers prouvant ainsi aux Français qu’ils étaient des hommes de devoir
Missak Manouchian et ses compagnons de luttes aimaient profondément la France et ses valeurs démocratiques.
Après l’invasion allemande et l’armistice, ils vont tout naturellement reprendre le combat et rejoindre en très grand nombre les réseaux de la Résistance française, où leur expérience va être fort appréciée. Il va encadrer une soixantaine de FTP-MOI, Arméniens, Juifs d’Europe de l’Est, Polonais, Italiens, Espagnols. Ils mèneront une centaine d’actions contre l’occupant.
Mais Vichy est impitoyable avec ses opposants, encore plus avec les étrangers. Ceux qui sont arrêtés subissent la torture avant d’être fusillés après des simulacres de procès ou expédiés avant leur déportation dans le sinistre camp de concentration pour étrangers du Vernet d’Ariège. «Je crois superflu d’insister sur l’intérêt que j’attache à l’élimination de ces indésirables,» écrivait le 9 avril 1941 le secrétaire général de la police au préfet de l’Ariège.
Ces « indésirables » pour qui les mots « Liberté Egalité Fraternité » inscrits aux frontons des mairies étaient le symbole de la France, avaient un profond respect pour ses institutions. Ils ont été, de par leur engagement et leur sacrifice, une valeur ajoutée pour notre pays et ont largement contribué à sa libération. Nous leur devons la liberté, notre liberté.
Cette affiche placardée dans toutes les villes de France par l’occupant et ses sbires, présentant Missak Manouchian comme le chef de l’armée du crime n’a pas eu l’effet escompté. Au contraire, elle a permis à ces hommes valeureux de sortir de l’anonymat pour l’éternité.
«Vous avez hérité de la nationalité française, nous l’avons méritée !» Lancera à ses geôliers Missak Manouchian, l’ Arménien qui aimait profondément la France.
80 ans après son assassinat, son entrée au Panthéon le 21 février 2024, voulue par Emmanuel Macron, président de la République, est un hommage à cet engagement durant les heures sombres de l’occupation, mais aussi à tous les combattants FTP-MOI, qui, au mépris de leur vie, ont combattu dans la résistance pour défendre les valeurs démocratiques de leur pays d’accueil.
Jocelyne MARTINET
Secrétaire générale de la FNDIRP
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