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Le club Résistance, en visite sur le Mémorial du maquis de Lorris en forêt d’Orléans

L’histoire est une matière vivante. Il faut lire des livres (beaucoup) pour apprendre. mais rien ne vaut la confrontation avec le réel, avec les témoins – tant que c’est possible – pour intéresser les jeunes esprits. Exemple dans un collège du Loiret.

Quand il est arrivé de Bordeaux en 1999, frais émoulu, jeune titulaire, Benoît Momboisse s’est accroché au Loiret. Il y est toujours, dans le collège Geneviève-de-Gaulle-Anthonioz, aux Bordes, un bel établissement créé pour désengorger le collège de Sully-sur-Loire, en 2001, à un carrefour sur la route de Gien. Nommé dans ce collège il y a bientôt vingt ans, il s’intéresse à l’histoire locale. Avec la forêt d’Orléans et le maquis de Lorris, si proche que « les élèves n’en avaient jamais entendu parler », s’étonne encore le jeune prof d’alors. « le maquis de Lorris représentait plus de 500 résistants à l’été 1944 », rappelle-t-il. Et tout ça à 5 ou 10 kilomètres à vol d’oiseau de ce tout nouveau collège. Et il ne lui en a pas fallu plus pour entraîner ses élèves sur cette histoire, loin du conte et des légendes, cette histoire forte d’humanité, d’engagement et de sacrifice.
Au collège il anime un club résistance et déportation où les élèves, tou·te·s volontaires, viennent sur leur temps libre.
« Ce serait difficile avec des classes entières », regrette-t-il. Autour du thème annuel du Concours national de la résistance et de la déportation, il cherche un point d’appui dans l’histoire locale. Afin que la proximité et l’écoute profitent bien aux élèves. Avec le maquis de Lorris, très vite, des liens se sont noués avec d’anciens maquisards et au fil du temps les rencontres se sont étoffées. Chaque année, un projet est porté dans le cadre du concours par le club. Un roman graphique, les sangliers sortent du bois (1), a été mis en œuvre à partir de 2006. Projet de longue haleine, il a été porté pendant près de cinq ans par les élèves pour aboutir à la sortie du livre le 18 juin 2011, avec une préface d’Albin Chalandon, ancien ministre et, surtout, fondateur du maquis, et une post-face d’un ancien du maquis, Bernard Chalopin. Et la mise en ligne d’un site internet dédié, le même jour. Un site qui prolonge cet investissement et permet de suivre le travail accompli chaque année pour la mémoire, la transmission, l’histoire avec le CNRD. Et les voyages aussi, certains organisés autour d’un projet en Normandie, à Oradour, à Ravensbrück, ou sur invitation, comme celle du président Hollande lors de l’entrée des cendres de Geneviève de Gaulle au Panthéon. Et des rencontres, celles de résistants, de déportés, de témoins. à chaque fois, des échanges riches, fascinants…
Avec Georges Séguy, ancien résistant et, aussi, acteur de 1968, Frania Haverland ou Lili Leignel en décembre dernier. A chaque fois, les élèves sont fascinés, attentifs, curieux… subjugués. Rien à voir avec une projection vidéo où la plupart décrochent au bout de quelques minutes. « Quand tous les témoins auront disparu, se posera la question de soutenir l’attention. Même si je maîtrise mon sujet, l’émotion ne sera jamais la même que quand lili raconte son souvenir de petite fille, ce qu’elle a vécu, elle ! » constate Benoît Monboisse.
« Il va nous falloir nous réinventer quand les témoins ne seront plus là. »
Avec les contraintes liées au programme et au nombre d’élèves par classe, la solution du club a permis d’approfondir le parcours culturel et citoyen des jeunes élèves participants. Pour le CNRD, le concours arrive souvent tôt dans l’année, et plus complexe qu’il n’y paraît pour les collégiens surtout. Le niveau semble être un peu élevé parfois.
Benoît Momboisse ne compte pas son temps depuis vingt ans. Et ça marche, les résultats sont là tant au concours, avec une quinzaine de prix individuels et trois collectifs, qu’en classe où l’état d’esprit et l’implication s’en ressentent positivement pour les élèves impliqués.
Franck Jakubek

Le site sur le maquis de Lorris : http://maquisdelorris.fr/resistance/

N. B. : au moment où nous imprimons, nous apprenons le décès de Bernard Chalopin, ce dimanche 4 septembre.

(1) Les sangliers sortent du bois, Une histoire du maquis de Lorris Album relié, 136 pages couleur, 2011, 25 euros éditions de l’écluse,
B.P. 24, 45230 Châtillon-Coligny. Tél.: 02 38 96 05 96.

Les sangliers sortent du bois

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