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Par Com FNDIRP

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Dans notre beau pays, en paix depuis 80 ans, les enfants ont des droits et les sévices dont ils pourraient être les victimes sont punis par la loi. Mais on oublie les traumatismes que beaucoup d’enfants et d’adolescents subissent lors des conflits armés. Mes pensées vont vers tous ces jeunes Ukrainiens, Russes, Israéliens, Gazaouis, Soudanais… La liste est longue de ceux qui, dès leur plus jeune âge, sont confrontés aux turpitudes de la politique et de la guerre. Leur enfance est ainsi massacrée par l’absurdité des guerres menées par des adultes.

Ces enfants, dont les pères ne reviendront pas et qui devront grandir sans leur amour,

Ces enfants survivants des bombardements au regard hagard et au visage baigné de larmes,

Ces enfants terrorisés, acheminés vers des hôpitaux de fortune, et qui porteront à jamais dans leur chair les stigmates de la guerre,

Ces enfants déplacés massivement,

Ces enfants subissant des violences sexuelles,

Ces enfants enrôlés de force dans les armées belligérantes,

Ces enfants, victimes des horreurs de la guerre et dont les conséquences physiques et psychologiques affecteront fortement leur développement.

« Il n’y a pas de guerre propre », rappelait un militaire dans un entretien télévisé. Les civils paient toujours un lourd tribut à la guerre, mais ce sont les enfants qui souffrent le plus, car tous leurs droits sont bafoués : droit à la santé, à la nourriture, à l’éducation, mais aussi droit au respect.

Le philosophe a dit : « Le passé doit éclairer l’avenir ». Mais au XXIe siècle, qu’avons-nous retenu des terribles conflits qui ont marqué le XXe siècle ? Du génocide arménien où les enfants ont assisté aux massacres de leurs parents, à la boucherie de 14-18 où des milliers d’enfants ont vu partir leur père, sans parler de la dernière guerre mondiale où des milliers d’enfants ont été exterminés dans les chambres à gaz, et que d’autres ont assisté à l’arrestation de leurs parents. Oui, qu’avons-nous retenu ?

Nul ne guérit de son enfance et le poids sera lourd à porter tout au long de la vie.

Je me souviens d’une confidence de la fille d’un ancien déporté. Elle  avait demandé à sa meilleure amie si son père criait souvent la nuit. Son amie lui répondit : « Mon père ne crie pas, il est gentil ». Elle ignorait à l’époque pourquoi son père faisait des cauchemars toutes les nuits… Comme nous tous, enfants d’anciens déportés, elle a porté seule son fardeau.

Alors, si les dirigeants sont incapables de préserver l’avenir d’enfants qui seront les adultes de demain, que les femmes, qui ont donné la vie, se mobilisent contre la guerre et pour la paix entre les peuples ! Notre devoir n’est-il pas d’assurer un avenir serein à ce que nous avons de plus cher au monde, nos enfants ? Il est de notre responsabilité de faire respecter leur innocence et de les protéger.

Selon un rapport de l’Unicef, l’année 2023 a été une année terrible avec plus de 450 millions d’enfants vivant dans les zones de conflits. Ce chiffre ayant doublé en une décennie ! Pire encore : c’est le chiffre le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale. Avec l’intensification des affrontements armés, l’année 2024 s’avère bien plus alarmante.

Alors, en 2025, faisons un rêve : souhaitons la fin des conflits permettant ainsi à tous les enfants du monde, sans distinction d’origine, de religion ou de philosophie, de vivre pleinement l’insouciance de leur enfance.

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