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Par Com FNDIRP

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Madeleine Riffaud nous a quitté le 6 novembre dernier, à l’âge de cent ans. Nous redoutions tous ce moment. Mais la course du temps a eu raison de la résistante Madeleine Riffaud.

Elle entre dans la résistance contre les forces nazies, en 1940, en s’engageant au Front national de lutte pour l’indépendance de la France et dans les francs-tireurs et partisans. En 1944 elle adhère au PCF. Alors que les nazis tiennent la France sous leur botte, la jeune résistante organise d’abord le ravitaillement des clandestins, puis passe à des actions plus dures : recrutements, planques, attaques de dépôts d’armes. L’affiche rouge placardée dans les couloirs du métro lui brise le cœur. Comme Missak Manouchian, comme Joseph Epstein qu’elle admire, elle est de ceux que l’occupant tient pour des « terroristes ». Ce mot-là lui restait en travers de la gorge :

« Jamais nous n’attaquions des civils. Jamais nous ne faisions quoi que ce soit qui puisse les mettre en danger. On se serait plutôt fait crever. »

Arrêtée, torturée et emprisonnée après avoir tué un soldat allemand, elle échappe de peu à la déportation et à son exécution. Elle est libérée, avant la libération de Paris, à laquelle elle participe activement en interceptant un train allemand arrivant aux Buttes Chaumont. Avec trois résistants sous ses ordres, ils arrêteront quatre-vingts soldats allemands et récupèreront fusils et munitions. Elle participera ensuite aux combats place de la République.

Militante anticoloniale, et Journaliste – reporter au cœur des guerres elle passera sa vie à couvrir les luttes d’indépendance des peuples, et en particulier celles pour l’indépendance de l’Algérie et du Vietnam. Elle participera à visibiliser les atrocités commises par les puissances coloniales, et les batailles des peuples pour leur auto-détermination.

Poète et militante jusqu’au bout, nous vous livrons les magnifiques hommages que deux artistes parmi les plus grands du XXe siècle, Pablo Picasso et Paul Eluard, firent pour elle en 1945 lors de la sortie de son premier recueil de poèmes, Le poing fermé. Nous invitons les jeunes générations à découvrir l’histoire de sa vie en bande dessinée, Madeleine Résistante (*) comme vous pouvez aussi la redécouvrir au travers de ses écrits, livres et articles. Elle contribuera à la publication de divers articles du « Patriote Résistant » . L’humiliation a fait d’elle une résistante, qui s’est toujours battue contre l’injustice, sans jamais se résigner.

Elle résuma dans les colonnes du journal l’Humanité ses engagements : « J’ai toujours cherché la vérité. Au Maghreb, en Asie, partout où les peuples se battaient contre les oppresseurs. Je cherchais la vérité : pas pour moi, mais pour la dire. Ce n’est pas de tout repos. J’ai perdu des plumes à ce jeu. J’en ressens encore les effets dans mes os brisés. Mais si c’était à refaire, je le referais. »

Était présent à ses obsèques pour la FNDIRP parmi d’autres personnalités , Alain Rivet  président-délégué de la Fédération…

Oraison prononcé par Babette Aubrac

(*) Madeleine, résistante (trois tomes parus) scénario de Madeleine Riffaud et Jean-David Morvan, dessin de Dominique Bétail, collection Aire libre, Dupuis.

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