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Par Com FNDIRP

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C’est un rendez-vous annuel et incontournable. La Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes (FNDIRP) a rendu hommage aux sept résistants abattus dans un guet-apens rue Leroux alors que la libération de Paris était en cours. La cérémonie a eu lieu devant le siège de la FNDIRP, 10, rue Leroux, le 17 août, face à la plaque portant les noms des résistants disparus. Maxime Paul, président de l’Union des mutuelles d’Île-de-France, Jacques-Frédéric Sauvage, adjoint au maire du 16ème arrondissement en charge de l’urbanisme et du logement, Éric Marazanoff, président de l’Union mutualiste d’initiative santé et de la Mutuelle nationale des fonctionnaires des collectivités territoriales, Marie-France Cabeza-Marnet, présidente de l’Amicale de Ravensbrück, le général Gilbert Robinet, au titre de l’Union française des associations de combattants, Nicolas Morin, pour l’Office nationale des combattants et des victimes de guerre de Paris, François Jacquet, directeur général du Comité de la Flamme sous l’Arc de Triomphe, Michèle Sibiril, trésorière de l’Association Rawa-Ruska, Florence Delobelle, directrice générale de l’Union des mutuelles d’Île-de-France, ont participé à la cérémonie. Deux représentantes de l’ambassade de Serbie voisine ont manifesté leur solidarité pour la célébration de la mémoire de la Résistance. Pour la FNDIRP, étaient présents Alain Rivet, président délégué, Marie Le Cœur, trésorière générale, Roger Montagner, vice-président, Guy Morvan, président de l’association départementale de Seine-Saint-Denis avec Gisèle Antheaume, secrétaire, et deux porte-drapeaux, Jacques Triquet de l’association de Paris et les salariés de la fédération et du journal. Jocelyne Martinet, secrétaire générale de la FNDIRP, a fait une allocution très remarquée dont nous reproduisons l’intégralité ci-dessous.                                                                           Franck Jakubek.

« Ils ont donné leur vie pour la liberté »

Ils avaient entre vingt et quarante ans et un avenir prometteur. Pourtant, en s’engageant dans les réseaux de la Résistance parisienne, ils savaient que leurs jours étaient comptés. Les services de renseignement allemands aidés par les services de Vichy étaient si bien informés et si implacables que l’espérance de vie d’un combattant n’excédait guère plus de six mois. Ils le savaient, et pourtant leur engagement était total pour une cause qu’ils estimaient juste. À l’image d’Anna Marly, engagée à Londres auprès du général de Gaulle et auteure de la musique du Chant des partisans, qui révélait lors d’un entretien après la Libération : « On chantait, on ne pensait pas à l’avenir, on se croyait éphémère et on ne pensait pas arriver à la fin de la guerre. »

Massacrés par la gestapo, les SS et des collaborateurs français, le 17 août 1944 devant le 14, rue Leroux, à huit jours de la libération de Paris, Émile Fruchart, trente-sept ans, gendarme à Draveil (Essonne), Pierre Guilbert, trente-six ans, garagiste à Yerres (Essonne), Jean-Baptiste Isoard, vingt-trois ans, employé à Montgeron (Essonne), Lucien Malaviole, vingt-neuf ans, gendarme à Draveil, Alexandre Marion, quarante ans, employé au Métropolitain de Vigneux (Essonne), Michel Plantain, vingt-et-un ans, étudiant à Cambrai (Nord), Léon Sorbier, trente-cinq ans, garde-voies à Draveil, sept résistants parmi tant d’autres, peu armés mais avec  courage, ont donné leur vie pour la liberté.

En ce mois d’août 1944 et après le débarquement allié du 6 juin, les combats font rage et la libération de Paris n’est pas une priorité pour les forces alliées, qui souhaitent progresser rapidement vers Berlin. À la demande insistante de la Résistance, opérationnelle depuis 1940 et soucieuse de libérer la capitale, le général de Gaulle et le général Leclerc forcent la main des alliés américains et la 2e division blindée appuyée dans un second temps par la 4e division d’infanterie américaine marchent sur Paris. Mais la Résistance est mal équipée et a un besoin impérieux d’armes. C’est pourquoi, le 16 août 1944, 42 résistants, issus de différents mouvements sont attirés dans un traquenard par des agents français infiltrés leur ayant fait croire en l’existence d’un important stock d’armes. Une opération est alors lancée pour récupérer ce stock promis auquel la Résistance a cru. Plusieurs groupes sont engagés dans cette aventure risquée, dirigée par le capitaine Jack de l’Intelligence service, en fait un collaborateur de la gestapo. Le piège va se refermer sur les résistants, trente-cinq sont assassinés à la grenade à la cascade du bois de Boulogne, sept autres du groupe des Forces françaises de l’intérieur (FFI) Sicard, de Draveil, sont emmenés rue Leroux en camion bâché. Le camion arrive à 15 heures dans la rue devant l’immeuble de la Kriegsmarine, un résistant comprend immédiatement le piège et abat Gustave Boulfroy qui dirigeait l’opération. Les soldats allemands occupant les immeubles adjacents ciblent le camion. Courageusement, les FFI ripostent et parviennent à tuer quatre de leurs assaillants et en blessent plusieurs autres. Deux résistants meurent à l’intérieur du camion, les cinq autres sont massacrés à proximité.

La résistance a payé un lourd tribut à la libération de Paris et du pays, le chemin vers la liberté a été long et douloureux.

Mais mourir à quelques jours de la libération de Paris et du pays a une terrible résonance. Cette victoire sur le nazisme et ses sinistres serviteurs, tant attendue par les Français, ne doit pas faire oublier qu’elle n’a pu aboutir qu’avec le sacrifice de millions de résistants en Europe.

N’oublions jamais leurs sacrifices, nous leur devons notre liberté.

 

 

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